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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 23:07
Enso

“Je vais très bien. Je suis dans une merveilleuse disposition de l’âme. Tout ce que je vois, en attendant ma fin, ferme le cercle. Tu sais, il y’avait un célèbre maître zen à qui on demanda un jour : “Quel est le sens de tout cela ?” Et le maître zen prit un pinceau chinois, le plongea dans l’encre et dessina un cercle. J’ai moi aussi ce rêve. C’est beau, non ? Fermer le cercle.”
Tiziano Terzani

 

Sur cette très belle citation, extraite d'un ouvrage de Tiziano Terzani, dont je recommande la lecture à chacun de vous, je souhaite suspendre pour un temps indéterminé la publication d'articles sur ce blog. Pour autant, je passerai quelquefois pour répondre à d'éventuels commentaires, donc n'hésitez pas à me laisser vos impressions ou des questions auxquelles je réponderai dans la mesure de mes possibilités. Je vous remercie de faire de ce blog un lieu vivant par votre fréquentation, et vous souhaite pour cette nouvelle année, d'aller toujours plus vers la lumière ou dit autrement, de prendre conscience que vous êtes déjà ce que vous cherchez. Chose que je me souhaite également... ^^

 

Namasté,

 

Guimay

 

Source texe : TERZANI Tiziano. -  Le grand voyage de la vie : un père raconte à son fils. -  Ed. des Arènes, 2008

Source image : http://consciencesansobjet.blogspot.com/2011/04/enso-ou-cercle-proche.html

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 09:20

Savasana : une des postures les plus importantes du yoga

- par Robert Nilsson 

 

En yoga il est paradoxal que les techniques les plus avancées et les plus profondes sont tellement simples de sorte que si vous lisez simplement les instructions dans un livre il y a peu de chances que vous obteniez une véritable expérience. Il vaudrait mieux à un moment ou un autre contacter un yogi aux alentours qui enseigne ici et maintenant.

savasana-copie-1.jpgSavasana, la « posture du cadavre » peut vous sembler tellement simple que vous vous dites : « bien sûr, j'ai fait ça toute ma vie ». Mais savasana, consistant à être allongé complètement immobile sur le dos, ce n'est pas la même chose qu'être affalé devant la télé ou somnoler sur un sofa (il se peut que ce ne soit pas mal non plus). Ce qui diffère dans l'expérience de savasana, c'est votre degré de vigilance. Au lieu de laisser vagabonder vos pensées comme d'habitude, de rêvasser, peut-être de planer un peu, ici vous devez maintenir votre attention fixée sur le corps totalement immobile.


Savasana, peut être utile dans les cas de stress, d'insomnie, ou de nervosité etc, mais il n'est pas nécessaire de souffrir de ces afflictions pour bénéficier de cette technique. Par exemple en fin d'après–midi, après une longue journée de travail, savasana peut être un bon moyen de donner au corps et au système nerveux un repos bien mérité. Au lieu de vous recharger par des moyens artificiels donnez vous un repos conscient, alors votre énergie et inspiration renaîtront spontanément.

         

Intégrée aux exercices physiques de yoga, savasana joue aussi un rôle important mais on l'utilise de façon légèrement différente. Vous commencerez toujours un programme de yoga physique par la posture sur le dos pendant un moment tandis que vous faites l'expérience de votre corps et votre respiration qui se calment. Un programme de yoga comprend plusieurs postures par paires se complétant, c'est-à-dire une posture en avant, une posture en arrière. Après une série de postures comme cela, faites savasana, avant de continuer la série suivante.


Ne confondez pas savasana et yoga nidra, état profond de relaxation et de méditation, qui se fait également en position allongée immobile sur le dos. En yoga nidra votre attention est soutenue d'une façon beaucoup plus dynamique. En écoutant les instructions du professeur ou à partir d'un enregistrement votre conscience est guidée à travers le corps, sur la respiration, sur diverses images et symboles à un rythme assez vif mais calmement.

Ceci entraîne une profonde relaxation. Chaque fois que vous vous perdez dans une pensée ou que vous oubliez ce que vous êtes en train de faire, les instructions vous récupèrent et vous ramènent à la technique. Ainsi, yoga nidra, même pour des débutants, s'avère facile pour entrer en relaxation profonde. Il vaut mieux avoir déjà fait l'expérience de yoga nidra pour mieux apprécier savasana.
Si vous faites de la méditation savasana peut enrichir votre méditation puisque la capacité à rester immobile est le critère requis si vous voulez vraiment aller en profondeur. Vous pouvez trouver aussi diverses techniques de méditation où vous méditez sur l'état d'immobilité.


Dans la posture de savasana vous maintenez tranquillement l'expérience de tout le corps étendu immobile. Quelques fois quand vous commencez savasana vous pouvez être agités. Alors, vous pouvez utiliser la conscience du souffle pendant une minute juste au début dix minutes, ceci de façon à approfondir l'état. Mais seulement une minute. Savasana est silence, le corps ne fait pas de bruit, il est complètement immobile, pas un doigt ne bouge. C'est une expérience de parfaite immobilité dans tout le corps.


La technique : Etendez vous sur un matelas ou une couverture à même le sol, pas sur le lit ni sur le sofa. Etendez vous de tout votre long sur le dos, les pieds légèrement écartés et les bras confortablement étendus le long du corps ; si vous le jugez nécessaire vous pouvez vous couvrir d'une légère couverture. Prévoyez seulement dix minutes de façons que vous ne serez ni endormis ni impatients.
Prenez conscience du corps, de tout le corps, de l'immobilité dans le corps et restez ainsi dans cette expérience. Même si vous avez envie de bouger le corps ou de vous gratter ou autres, résistez à cette impulsion et demeurez immobiles, complètement immobiles. Si votre concentration se relâche, ce qui se produit normalement à un moment ou un autre, et quelque chose d'autre attire votre attention ce n'est pas grave, laissez faire. Mais dès que vous vous rendez compte du dérangement lâchez prise et revenez aussitôt à l'expérience de l'immobilité. Cela peut arriver plusieurs fois ; fermement mais patiemment revenez chaque fois à la technique.


Astuce : Essayez aussi d'expérimenter l'immobilité du corps dans d'autres situations par exemple là ou vous êtes assis juste maintenant, fermez simplement les yeux et sentez l'immobilité dans tout le corps pendant quelques minutes. Ou bien, faites cela en posture de méditation. Vous pouvez aussi vous fatiguer au travail ou aux sports et ensuite immédiatement après vous vous allongez complètement immobile dans la posture de savasana.

Ce texte est publié avec l'aimable autorisation de L'Ecole de Yoga et de Méditation. Sur leur site, vous pouvez consulter plusieurs articles intéressants traitant de la pratique du yoga telle que retransmise par Swami Janakananda. Pour cela, cliquez ici.

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Source texte et image : NILSSON Robert. Savasana : une des postures les plus importantes du yoga [en ligne] (page consultée le 10 juillet 2011). Adresse URL : http://www.yogaetmeditation.fr/bindu/savasana.html

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 09:41

Image-netvibes-les-chemins-de-la-sagesse-copie-2.jpg 

Si vous souhaitez poursuivre en consultant des liens autour des catégories de ce blog, alors dès maintenant, vous pouvez vous rendre sur le Netvibes "Les chemins de la sagesse".  Ce nouvel espace est en cours de construction, mais vous y trouverez déja quelques liens, vers des blogs, sites, pages autour d'Arnaud Desjardins, Ramana Maharshi, etc.

 

En espérant que vous serez nombreux à apprécier ce lieu de partage,

Guimay

P/s : Si vous souhaitez partager des liens vers des sites qui vous ont plus alors n'hésitez pas à ajouter un petit commentaire à cette publication mentionnant son adresse URL ou à m'envoyer un message en cliquant sur l'onglet du même nom.

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 13:49

 « Soyez en paix avec votre âme pour que le Ciel et la terre soient en paix avec vous. Pénétrez hardiment dans le trésor caché au fond de votre être et le Ciel s'ouvrira à vos yeux. La seule porte d'entrée du Ciel et de la terre se trouve là, il n'y en a pas d'autre. L'échelle qui mène au Royaume est enfouie au fond de l'âme; fuyez le péché, plongez au fond de votre être, et là, au fond de votre âme vous découvrirez les échelons qui vous permettront de commencer votre ascension. »

Saint Isaac Le Syrien

 



Présent récemment au cinéma dans le film "Des hommes et des dieux" de Xavier Beauvois,  Michael Lonsdale revient dans cette rencontre organisée il y'a plusieurs années par Nouvelles Clés,  sur un livre: les Récits d'un pèlerin russe,
sur une pratique: la prière du coeur et sur l'expression de sa foi au quotidien.  

 

Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez sur Clés : La prière au coeur. 

 

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Propos recueillis par Pascale Senk

Nouvelles Clés : Depuis janvier 93, les Récits d’un pèlerin russe, que vous avez adaptés au théâtre, tiennent l’affiche, se donnent régulièrement dans des cryptes, au cœur même des églises. Qu’est-ce qui vous a fasciné dans cet écrit anonyme de la Russie du XIXe siècle ?

 

Michael Lonsdale : C’est une aventure qui nous a été infiniment précieuse, à la fois sur le plan du travail et aussi sur le plan de nos vies, parce que je ne connaissais pas l’hésychasme - la prière du cœur - ni cette tradition des contemplatifs d’Orient... Ça a été une grande joie d’avoir accès à cet enseignement et de découvrir qu’il est finalement assez connu... Des amis orthodoxes qui connaissaient Claude Laugier, le comédien, me l’ont envoyé, parce qu’il avait envie de faire quelque chose de ce texte au théâtre. J’ai tout de suite dit oui. Ce qui m’a frappé dans le témoignage du “Pèlerin”, c’est ce don qu’il a reçu, le fait de pouvoir adhérer à une prière constante, de “prier sans cesse”, comme il est dit. Bien sûr, il fait tout pour, il vit à la campagne en ermite, il choisit des métiers pendant lesquels il peut prier ; c’est très exceptionnel, comme vocation... On peut prier, mais pas de cette façon-là, récurrente, ininterrompue... Il m’arrive de prier, parfois, la prière de Jésus, mais pas constamment, il ne faut pas être distrait, c’est difficile ; en tapant à la machine, ce n’est carrément pas possible ! D’ailleurs, ce n’est pas dit dans le livre, mais c’est une prière qui demande à ce qu’on soit guidé par un maître spirituel, on ne peut la pratiquer tout seul, surtout d’une manière aussi absolue, sans risque. Il y peut y avoir des hallucinations qui se créent. C’est pour cela que le vieux staretz du monastère dit au pèlerin : “Venez me voir deux fois par mois, pour que je sache où vous en êtes, comment ça se passe”, parce que des dérivatifs incontrôlés, des choses incroyables peuvent tout à coup émerger à force de prière constante... J’ai dit oui à ce texte parce que la prière est tellement nécessaire dans le monde ! C’est une des armes que nous avons à notre disposition immédiatement, parce que ce n’est pas en allant se bagarrer à coups de poings qu’on va changer quoi que ce soit.


N. C. : Dans Le pèlerin, on recommande plus particulièrement une “prière du cœur”...

 

M. L. : Dans la tradition hésychaste très ancienne (antérieure au schisme d’avec l’orthodoxie), cette prière du cœur était énormément commentée. D’ailleurs, nous vendons, lors du spectacle, une petite Philocalie d’une trentaine de pages, mais les textes patristiques de l’époque représentent en vérité dix volumes ! Le staretz dit au Pèlerin : “Tu vas faire descendre ta pensée, de ta tête dans ton cœur”, c’est-à-dire qu’on abolit tout ce qui est d’ordre intellectuel, tout ce qui est raison, pour trouver le chemin du cœur... Il est recommandé au pèlerin de s’asseoir en silence, de respirer profondément, et de commencer à dire, tout doucement : “Seigneur Jésus-Christ, Fils de dieu, prends pitié de moi...”, et de le dire sans cesse. Alors évidemment, c’est un abandon total au Christ, un combat difficile au début, parce que le pèlerin s’endort, est distrait... Mais, peu à peu, cet homme devient totalement pacifié. Je pense qu’il est bon de faire connaître cette pacification grâce à laquelle on n’est plus tourmenté, on n’est plus soumis à tous les ballotages et chaos de notre vie moderne !

 

[…]


N. C. : Comment quelque chose de l’ordre de la spiritualité peut-elle passer dans une mise en scène ?

 

M. L. : C’est uniquement grâce à la foi qui vous anime quand vous faites quelque chose. Cette foi passe dans la lumière des projecteurs, dans le rythme, le mouvement ; elle passe dans le texte si vous avez vraiment intériorisé le sens des mots, de manière à ne pas simplement prononcer des phrases. Il faut souvent des temps de pause pour laisser s’inscrire un sentiment. C’est généralement par la lenteur que la spiritualité s’exprime, pas dans les choses hâtives. Quand vous croyez profondément en ce que vous dites, que vous êtes dans la concentration, vous trouvez le cheminement du cœur.

 

[…]


N. C. : Comment la foi s’est-elle imposée dans votre vie ?

 

M. L. : Je serais plus fier d’avoir été comme sainte Thérèse, elle si parfaite qui, un jour, a pu dire : “Voilà, Seigneur, je Te donne toute ma vie et je ne veux que Toi...” Mais, en fait, il a fallu que les grandes épreuves arrivent dans ma vie, que je sois totalement démuni, moi qui n’avais jamais été dépossédé. En 1987, j’ai eu énormément de chagrin en perdant beaucoup d’êtres chers. Je n’étais pas préparé à cela, alors j’ai plongé, et dans ce plongeon, j’ai fait ce qu’on fait souvent, on appelle de toutes ses forces, on crie vers Dieu : “Au secours, aide-moi, sauve-moi”, et la réponse a été très rapide...

Auparavant, c’est vrai, j’avais déjà choisi d’être baptisé catholique, quand j’avais vingt-deux ans, mais je vivais la foi de loin, les préoccupations du moi l’ayant d’abord emporté. J’étais comme l’herbe dans la parabole, “l’herbe qui est tombée, a poussé dans une mauvaise terre, une terre pas assez nourrissante...” Je vivais très content de moi, finalement, avec beaucoup de jugement sur les gens - c’est une chose que j’apprends à évacuer tout doucement ; je portais des jugements très sévères sur tout le monde -, j’étais dans un milieu très artiste, très intellectuel, j’idolâtrais le cinéma, littéralement !

Aujourd’hui je me comprends, je sais ce que c’est que mettre Dieu en premier. C’est, comme Il dit, “Tu laisseras tout”, des phrases qui me choquaient beaucoup, “Tu abandonneras tes parents, ta femme, tes enfants, tes frères tes sœurs”... Bon, en effet, les parents sont partis, les frères et les sœurs, je les vois autrement aujourd’hui. Peu à peu, j’ai l’impression de reconstituer quelque chose qui avait été abandonné, qui n’avait pas été mis en valeur, exploité. Ma vie s’est éclairée autrement. Je ne suis plus du tout pareil.

 

[…]


N. C. : Mais vous dites : “De toute façon, on n’a pas besoin d’aller à l’Eglise pour prier”...

 

M. L. : Je dirais que c’est bien d’aller avec les autres pour prier. Il y a d’une part la prière personnelle - le Christ dit : “Allez dans votre chambre pour prier”, ça aussi ça m’énervait ; je disais : “Et celui qui n’a pas de chambre ?!” Depuis, j’ai compris qu’il s’agit de la chambre intérieure, d’aller dans un endroit où personne ne vous voit et prier votre Dieu. En même temps, je me suis aperçu que le Notre Père est une prière au pluriel : c’est notre père. C’est nous. C’est une prière conçue pour la collectivité. Nous prions toujours au nom de plusieurs, c’est ce que j’aime dans ces groupes charismatiques. On a formé ainsi un petit groupe consacré aux artistes, Magnificat, et nous chantons ensemble. Nous chantons en toutes sortes de langues des choses qui n’ont pas de sens, ça fait des prières très étonnantes ! Nous ouvrons la Bible au hasard, nous prenons la parole telle qu’elle nous est donnée, nous la commentons, il y a parfois des transes. A force d’avoir prié avec eux, j’ai ainsi trouvé la force de pouvoir prier tout seul, pas à un moment défini, mais dans le métro, en marchant.


N. C. : Cette prière perpétuelle a quelque chose de commun avec la répétition de mantras que pratiquent les bouddhistes ou les hindouistes, par exemple. Quelle réponse trouvez-vous plus particulièrement dans la foi catholique ?

 

M. L. : C’est de l’ordre du partage et de l’amour du prochain, base de la chrétienté. La foi, en Inde, en Orient, est très forte et vivante. J’ai moi-même beaucoup connu les swamis de l’ordre de Ramakrishna, des gens d’une grande spiritualité. Mais dans ces régions du monde, beaucoup de religieux ne feront rien pour les pauvres, parce qu’ils pensent qu’il est écrit de mourir, Dieu est grand et tout le reste n’a pas d’importance...

En Orient ou au Japon, on cherche le vide : ne plus rien vouloir, ne plus rien ressentir. Et à partir de ce vide, on arrive sans doute à un plein extraordinaire. Mais ce que j’aime dans le programme du Christ, c’est la notion de fraternité entre les hommes. Le devoir de soulager la souffrance humaine est au cœur de la chrétienté, et moi, je ne peux supporter toute forme de détresse en gardant les bras croisés...C’est ce qui me touche le plus, me remue profondément dans la parole du Christ. Les spiritualités, si elles se vivent en profondeur, se rejoignent quoi qu’il en soit au sommet, au-delà de toute appartenance, mais c’est alors un état de grâce, de mystique. Gandhi était un saint, c’est évident. Il a émancipé son pays sans avoir recours à la guerre, dans la pauvreté, lui aussi comme saint François. On l’a assassiné comme tous les saints car les hommes de paix sont gênants. Je crois beaucoup à la dualité entre le Bien et le mauvais, c’est une lutte à mort qui continue dans le cosmos. Les forces du mal ne sont pas au chomâge ces temps-ci... C’est toujours un combat entre les forces du mal et les forces d’amour, positives, de Dieu. Ça se bagarre, dans le monde, mais aussi à l’intérieur de nous.


N. C. : Qu’est-ce qui a le plus changé en vous depuis votre conversion plus radicale ?

 

M. L: J’ai aujourd’hui l’envie d’être le plus possible en Dieu. Que ce soit par la prière, par la pensée, ou en action. Mon centre d’intérêt, avant, qui était uniquement le spectacle, l’art et mon expression là-dedans, s’estompe. Je ne pensais qu’à ça, j’allais voir des pièces, je rencontrais des gens, je me disais : “Il y a peut-être un rôle à trouver ici”, c’était tout à mon service, pour moi même ! Maintenant, le centre de préoccupation n’est plus moi. Il faut évacuer soi-même. C’est vrai qu’il est encombrant, ce soi, on s’aime beaucoup ou alors on ne se supporte pas... Il faut faire la paix en soi. Le Christ ne cesse de le répéter dans les Evangiles : “Je vous apporte ma paix”, “Paix, mes agneaux...” Il dit aussi : “Je suis venu apporter l’épée”. Et bien, cette épée, c’est celle dont nous avons besoin pour trancher, et enlever ce qui n’est plus nécessaire dans notre vie... C’est ce que j’essaie de faire.

 

Source citation : GOETTMANN Alphonse et Rachel. - Prière de jésus Prière du coeur. - Paris : Ed Albin Michel, 2009. - Préface de l'Evêque Kallistos de Diokleia. - P.11. - ISBN : 978-2-226-18318-7

 Source  entretien : CLES. La prière au coeur : rencontre avec Michael Lonsdale [en ligne] (page consultée le 26 février 2011). Adresse URL : http://www.cles.com/dossiers-thematiques/spiritualites/le-souffle/article/la-priere-au-coeur#

 

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 22:26

arton659

« La pratique du Tantra traditionnel est un chemin menant à la réalisation ; il nous demande principalement de rencontrer les éléments qui constituent notre monde souterrain, d’en passer par eux et de les convertir au lieu d’essayer de leur échapper ou de les ignorer. La peur, le désir, la maladie, l’envie, la soif de pouvoir, et toutes les qualités négatives que chacun d’entre nous porte en lui en quantités variables, nous sont nécessaires.

Ce n’est qu’en travaillant avec ces qualités négatives que nous les transformerons. Même si nous n’en voyons pas l’utilité, elles font partie intégrante de notre personnalité et, en tant que telles, nous devons les reconnaître. En fait, nous en avons vraiment besoin. Elles nous aident à construire ce que nous serons dans le monde supérieur. Sans elles, nous ne serions pas humains, donc nous ne bénéficierions pas de la possibilité divine et de l’occasion divine qu’est l’existence humaine. C’est lorsque nous travaillons avec ces forces, et non pas malgré elles, qu’elles sont transformées. En cela, se définit essentiellement le Tantra. »

Lee Lozowick

 

Pour lire l'ensemble du dossier proposé par Nouvelles Clés, duquel est tiré cet extrait, cliquez sur Le tantra, ce n'est pas ce que l'on croit.

 

D'authentiques enseignants de cette voie,  nous éclairent sur ce qu'il faut entendre par là, sur leur vécu mais aussi sur les préjugés que l'on pourrait avoir en ce qui concerne le tantrisme, très intéressant et enrichissant.

 

Source texte : http://www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=762

Source image : http://www.soleil-levant.org/presse/article.php3?id_article=659

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 12:44

En 2009, un article consacré aux soeurs cisterciennes de l'Abbaye Sainte Marie du Rivet parût dans la revue "Le monde des religions".

 

Dans le cœur de Dieu
À Sainte-Marie-du-Rivet, près de Bordeaux, la règle de saint Benoît continue d'inspirer la vie quotidienne d'une communauté de moniales. Dans un temps presque immobile, en un recommencent perpétuel. C’est un lieu qui se prête volontiers aux fantasmes les plus extravagants. S'y rendre quelques jours, c'est provoquer presque invariablement les mêmes réactions, un peu d'incompréhension, d'émerveillement, d'inquiétude et de curiosité mêlés. Comme s'il fallait être en dépression ou en convalescence pour aller passer quelques jours au monastère, comme si la vie cloîtrée échappait à la vie tout court. Au travail, à l'ennui, aux mesquineries, mais surtout au rire, à la joie et à l'amour.


Les lieux communs tombent à l'abbaye cistercienne Sainte-Marie-du-Rivet. Sœur Marcelle, la presque doyenne de la communauté, n'est pas là pour accueillir. Voûtée, la tête courbée, elle offre un regard, une poubelle et une fourche en guise de bienvenue. Chaque après-midi, après l'office de none, elle ramasse des kilos de paille qu'elle ira porter à bout de bras à la horde de poulets, de pintades et d'oies de la ferme, qui fournit la région. Une tâche sacrément éprouvante pour son âge. Elle saisit une poule morte dans l'atmosphère moite et pestilentielle du poulailler et sourit : « Pendant ce temps, je travaille à ma conversion. » À plus de 80 ans ?


Parce que la conversion est à vivre comme un renoncement de tous les jours à sa propre volonté et à ses désirs, et tout particulièrement en ce temps de Carême, pour mieux s'en remettre au Christ. « On n'est jamais au bout de la profondeur où se trouve Dieu, reconnaît sœur Damienne en chargeant le camion de poulets qu'elle va ensuite distribuer dans la campagne de Langon, et jusqu'à Bordeaux. L'un des grands dangers ici, c'est l'habitude, trouver consolation auprès de sa communauté, s'installer, comme on s'assoit sur une stalle, dans une vie plutôt douce. » Et échapper ainsi à la présence du Christ dans un activisme vide de sens. « Pour ne pas y succomber, il faut continuellement se convertir, se ressourcer spirituellement. » Et veiller dans le même temps à ne pas céder à un autre travers : « Se replier sur son petit monde - moi et mon Dieu - et être dérangé par les autres. »


Les cénobites sont pourtant moins sensibles aux affres de la vie monastique que ne le sont les ermites, livrés à leurs propres démons, sans garde-fous. Ici, la règle de saint Benoît continue d'inspirer la vie quotidienne et d'offrir un cadre solide qui rythme la vie du monastère. Dix siècles plus tard, on a assoupli la « loi » (adieux coups de verges et autres châtiments corporels), mais la vie s'articule encore autour des deux mêmes principes fondateurs, ora et labora (« prie et travaille ») : participer au travail des hommes, car l'oisiveté est la mère de tous les vices. Et surtout prier, le plus souvent de manière « vraie et incarnée », lors des sept offices quotidiens : au Rivet, le jour se lève en pleine nuit à 4 h 30 avec l'office des vigiles. 7 h 30, les laudes, 8 heures, la messe. 12 h 15, sexte, 14 h 15, none, 17 h 45, vêpres. 20 h 50 enfin, l'office de complies avant l'extinction des feux. « Une toute petite règle pour débutants ! », précise saint Benoît, à appliquer chaque jour, sans vacances ni week-end, pour toujours... Sous l'œil vigilant de mère Christine, qui n'en finit pas de veiller au grain. « On est d'abord femme avant d'être moniale », n'oublie pas cette ancienne infirmière, qui s'attache depuis six ans à diriger les âmes et à construire sans cesse l'unité qui risque toujours d'être fragilisée par les tiraillements du quotidien, les jalousies, l'humanité qui reste bien présente en chacune.


« Un temps de gratuité, festif »
À 38 ans, Agnès est la plus jeune de la communauté. Elle aurait bien pu être une héroïne de tragédie grecque, refusant de transiger avec ses principes : radicale et ennemie des privilèges. Elle en a besoin, de ces rites auxquels il faut se plier. Loin d'assécher sa prière, ils lui permettent d'être ce vase vide qui fait corps avec l'instant, pour accueillir Dieu : « Les offices rythment et façonnent notre vie. Ils nous réunifient, nous tournent vers l'essentiel. Dans le chant, la voix doit aller de paire avec le cœur pour qu'il se laisse traverser par la parole de Dieu. On est vraiment ici pour Dieu, qui est la source. C'est un temps de gratuité, un temps festif, nous sommes toutes tournées vers l'essentiel. »

 
Agnès explique qu'elle est arrivée là un peu par hasard. Déçue par un jeune homme qui ne donnait pas le même sens qu'elle au mot engagement, elle s'était retirée au Rivet pour un temps, sans prétendre le moins du monde à la vie religieuse, réservée, à ses yeux, à une élite. C'était il y a quinze ans. Elle n'en est jamais repartie :« Pour moi, l'appel a été de l'ordre de l'intuition ; comme dans l'attrait amoureux, j'ai aimé le lieu, les sœurs. J'ai entendu en moi cette voix qui me disait : "Je t'ai tout donné jusqu'à maintenant, toi, que m'as-tu donné ?" » Entière, elle a pris l'habit.

Comme sœur Damienne qui fut d'abord infirmière auprès de malades incurables : « Je voyais les gens dans une très grande souffrance, c'est là que j'ai ressenti que prier pour eux, avec ou devant le Seigneur, serait un acte plus profond que le seul soin. J'avais envie, besoin d'aller à la source, dans le cœur de Dieu. » Dans le cœur de Dieu : au début, elles sont toutes d'accord, on ressent une paix, un enthousiasme très puissant, comme une entrée dans la plénitude. Cette joie doit ensuite s'ancrer dans la durée. Il faut alors écouter saint Benoît, traverser des épreuves nécessaires, se dépouiller de soi en mourant à sa famille, à son passé, à ses amis, cesser d'aimer « sa propre volonté et ne pas se complaire dans l'accomplissement de ses désirs ».


Acédie et « nuit spirituelle »
Cet après-midi, le printemps renaît enfin, Marcelle prend soin de ses poules à la ferme, Lucienne vérifie les réservations de l'hôtellerie, Agnès prépare des sablés dans une petite dépendance baignée de soleil : par la fenêtre, on aperçoit la rivière du Rivet et une petite grotte construite au XIXe siècle avec une statue de la Vierge, la même que celle que l'on voit à Lourdes. Les mains dans la pâte, sœur Agnès évoque ses premiers pas au monastère : « Ce fut une mort pour une vie. Je suis morte aux enfants que je n'aurai pas. Mais dans mes prières, j'en adopte plein. » Elle n'a jamais ressenti de culpabilité vis-à-vis de sa famille, mais plutôt cette peine qui surgit parfois du silence, un découragement familier à la vie monastique qui peut frôler l'acédie. « J'ai connu une longue période de nuit spirituelle, avoue-t-elle, notamment lorsqu'elle est tombée amoureuse d'un jeune moine. J'ai alors mesuré ce que signifiait renoncer à être charnellement épouse et mère. Mais je savais qu'il fallait résister, qu'il y avait quelque chose en dessous.»

 
Aux côtés de sœur Agnès, sœur Cécile (1), qui rêvait de faire du cinéma. Dans le court documentaire réalisé sur le monastère, on l'a vue souvent rire aux éclats, comme une enfant, mais cette conversation la rend grave :« Il faut passer par l'expérience du désert, la personne que je suis venue rencontrer ici, c'est aussi moi-même. Il faut apprendre à s'accueillir avec ses faiblesses. Être seul avec soi-même, habiter avec soi-même, pratiquer le silence, se laisser traverser par la parole de Dieu. » Comme si la solitude faisait caisse de résonance à Dieu : « On ressent très fort ce que l'on a expérimenté dans le passé, confie sœur Agnès. Les blessures que l'on porte en soi, l'inceste pour certaines ou le sentiment amoureux, sont un lieu de combat. Elles sont progressivement transfigurées dans le regard du Christ, pour un surcroît de beauté et de lumière. »


17 h 30, la cloche signale la fin des travaux. Marcelle, Damienne, Agnès, Cécile rejoignent la chapelle en silence. C'est l'heure de l'office des vêpres, juste avant le dîner. Comme chaque soir, les 21 sœurs vont s'aligner en deux rangs, face à face dans le chœur. Dans un instant, le chant des psaumes élèvera leur âme et celles des pèlerins en retraite qui voudront bien s'abandonner. La tension du jour va retomber lentement dans la campagne qui enveloppe l'abbaye, dans un même mouvement, pour accueillir la nuit, le repos et la paix. Dans un temps presque immobile, en un recommencement perpétuel.


Au-delà de ce que nous imaginions, c'est notre rapport au temps qui est ici bousculé, au milieu des moniales. Le leur est celui du toujours déjà là, un ordre qui émergea du chaos, qui vient d'en haut et auquel il leur faut obéir. Un ordre que nous avons bien du mal à comprendre aujourd'hui, où seules la nouveauté, la créativité et l'invention sont célébrées. « Nous nous laissons traverser par la parole de Dieu, témoigne Agnès. Nous prolongeons une histoire du salut, nous sommes là pour achever, en synergie avec Dieu, la création. Il compte sur nous pour poursuivre son œuvre. » Une fois leur temps passé, elles viendront toutes rejoindre la terre qui les a nourries, et demeureront pour l'éternité sous des croix discrètes et blanches, à l'ombre de la chapelle. D'autres prendront leur place avant de disparaître à leur tour. Et elles n'auront jamais fini de se succéder. J.S.


(1) Le prénom a été modifié.

Source texte : http://www.lemondedesreligions.fr/archives/2009/05/01/moines-et-moniales,9890503.php

Source image : http://sainte-liberte.over-blog.com/article-33030609.html

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 23:51

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Source texte : http://www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=310

Source image : http://dreemkeeper.unblog.fr/2008/01/

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 17:00

Siddhartha-G-copie-2.jpg

"A chaque pas qu'il faisait sur la route, Siddhartha apprenait quelque chose de nouveau, car le monde pour lui était transformé et son coeur transporté d'enchantement. Il vit le soleil se lever au-dessus des montagnes boisées et se coucher derrière les lointains palmiers de la rive ; il vit, la nuit, les étoiles, leur belle ordonnance dans le ciel et le croissant de la lune, tel un bateau flottant dans l'azur. Il vit des arbres, des astres, des animaux, des nuages, des arcs-en-ciel, des rochers, des plantes, des fleurs, des ruisseaux et des rivières, les scintillements de la rosée le matin sur les buissons, de hautes montagnes d'un bleu pâle, au fond de l'horizon, des oiseaux qui chantaient, des abeilles, des rizières argentées qui ondulaient sous le souffle du vent. Toutes ces choses et mille autres encore, aux couleurs les plus diverses, elles avaient toujours existé, le soleil et la lune avaient toujours brillé, les rivières avaient toujours fait entendre leur bruissement  et les abeilles leur bourdonnement ; mais tout cela, Siddhartha ne l'avait vu autrefois qu'à travers un voile menteur et éphémère qu'il considérait avec défiance et que sa raison devait écarter et détruire, puisque la réalité n'était point là , mais au-delà des choses visibles. Maintenant ses yeux désabusés s'arrêtaient en deçà de ces choses, ils les voyaient telles qu'elles étaient, se familiarisaient avec elles, sans s'inquiéter de leur essence et de ce qu'elles cachaient, il tâchait de découvrir le petit point de ce monde où il arrêterait ses pas. Qu'il était beau le monde pour qui le contemplait ainsi, naïvement, simplement, sans autre pensée que d'en jouir ! Que la lune et le firmament étaient beaux ! Qu'ils étaient beaux aussi les ruisseaux et leurs bords ! Et la forêt, et les chèvres et les scarabées d'or, et les fleurs et les papillons ! Comme il faisait bon de marcher ainsi, libre, dispos, sans souci, l'âme confiante et ouverte à toutes les impressions. Le soleil qui lui brûlait la tête était tout autre, tout autres aussi la fraîcheur de l'ombre dans les bois, l'eau du ruisseau et celle de la citerne, le goût des calebasses et des bananes. Les jours et les nuits passaient sans qu'il s'en aperçût ; les heures fuyaient comme la voile du bateau sur les ondes et chacune d'elles lui apportait des trésors de joie. Siddhartha vit passer une troupe de singes dans la voûte verte de la forêt, sur les plus hautes branches, et il prêta l'oreille à leurs cris sauvages. Il vit un bouc poursuivre une brebis et la couvrir. Il vit, dans les joncs d'un étang, le brochet affamé se livrer à sa chasse du soir et, devant lui, une multitude de petits poissons affolés fuir sur l'eau, brillants et scintillants ; les rapides tourbillons que la bête de proie traçait dans l'eau donnaient une impression de force et de fureur irrésistibles.

Rien de tout cela n'était nouveau ; mais il ne l'avait jamais vu ; sa pensée l'en avait toujours tenu éloigné. Maintenant, il était auprès de ces choses, il en faisait, partie. La lumière et les ombres avaient trouvé le chemin de ses yeux, la lune et les étoiles celui de son âme."

 

Source texte : Extrait de HESSE Hermann. - Siddhartha. - Paris : Le Livre de Poche, 2009. - KAMALA. - P.61-62. - 978-2-253-00848-4

Source image : http://www.livredepoche.com/livre-de-poche-3042041-hermann-hesse-siddhartha.html


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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 15:25

Krishna and Arjun on the chariot, Mahabharata, 18th-19th ce

 

On a rarement vu se révéler en aussi peu de temps autant de déséquilibres sur notre planète et sur tous les plans : cosmique, terrestre, écologique, géologique, physiologique, psychologique, financier, économique, social... La liste des catastrophes, des renversements selon l’étymologie, qui endeuillent le monde, s’allonge chaque jour. Le Karma-yoga est plus que jamais le yoga de notre temps.

 

Des purâna a la pratique du yoga

 

Dans les Purâna, chroniques antiques rédigées à partir du 1er siècle de notre ère, notre époque est dite appartenir au Kali-Yuga, dernier des quatre âges de la terre, l’âge des conflits.Selon le Vishnou-Purâna, seul un quart de la vérité peut encore se manifester : “La société atteint un stade où la propriété confère le rang, où la fortune devient la seule source de vertu, où la passion est le seul lien entre l’homme et la femme, où le mensonge mène à la réussite dans la vie, où le sexe est le seul plaisir, et l’apparat des rituels pris pour la vraie foi.”

Toute action entraîne une réaction et d’autant plus violente qu’elle-même l’a été. L’action correctrice de la nature et de la vie est donc déjà à l’oeuvre selon la loi que nous rappelle le Kulârnava Tantra : “De même que l’on tombe sur le sol, de même l’on doit se relever à l’aide du sol.”

Rien ne nous empêche de faire une lecture positive des rudesses de ce temps, qui sont autant d’incitations à “prendre conscience” des forces en jeu. Une prise en compte patiente, sérieuse et durable de notre composite humain - physique, psychique et spirituel – peut, dans cette optique, s’avérer d’un précieux secours. Ce que vise la pratique du Yoga. Savoir s’équilibrer et se rééquilibrer est un indispensable viatique si nous voulons continuer à évoluer, suivant la voie tracée pour l’espèce humaine par l’émergence de la Conscience.

La plupart des Occidentaux sont aujourd’hui malades de leur activité, soit dans le registre du trop (réussir), soit dans le registre du trop peu (chômer). Chacun, pris dans un réseau de contraintes qu’il maîtrise plutôt mal que bien, s’épuise à suivre un rythme de vie qui ne laisse à sa vie que de rares moments pour s’exprimer. Un mal qui parait progressivement s’étendre aux pays dits “émergents”, dont certains appartenaient à la tradition orientale, et qui, à leur tour “s’immergent” dans le maelström de l’agitation. Ce qui s’est perdu - provisoirement ? - c’est le “sens” de l’activité, à la fois sa signification et sa direction. Si l’activité est notre lot, le Karma-Yoga est une autre voie, complémentaire du Hatha-Yoga, que nous avons grand intérêt à connaître et à mettre en pratique.

 

Ce que nous dit la Bhagavad-gîtâ

 

La voie (mârga) qu’enseigne le Karma-Yoga, nous est connue pour une bonne part à travers la

Bhagavad-Gîtâ, ce très beau « chant spirituel de l’humanité ». Épisode en dix-huit chapitres, faisant partie du Mahâbhârata, la Gîtâ  se situe juste avant la grande bataille fratricide où vont s’affronter les cousins Pandava et Kaurava. Situation dramatique qui souligne la gravité de la question posée et l’importance des réponses que Krishna, cocher et divin instructeur, apporte au désarroi d’Arjuna, le pur, que révolte sa condition de guerrier. La question est capitale : retraite et méditation sont-ils les seuls et uniques moyens de parvenir à la libération ? Ou bien l’action peut-elle, elle aussi, y mener et si oui, par quels moyens ?

La Gîtâ part d’un constat : « Chacun est condamné à l’action par les modes nés de prakriti ». Le seul fait d’être incarné nous force à agir. Même au plus profond du sommeil,

notre corps agit pour entretenir la vie. Conséquence : « Il ne suffit pas de s’abstenir d’action

pour se libérer de l’acte. L’inaction seule ne mène pas à la perfection ». Mais seconde conséquence, celle-là positive : « L’action est supérieure à l’inaction », puisque, en agissant,

nous pouvons éviter d’ajouter par notre passivité à « l’universelle confusion ».

Quelle règle suivre pour faire de ses actes une offrande ? « Tu as droit à l’action, mais jamais à ses fruits ; n’accomplis pas l’action pour le fruit qu’elle procure », répond la Gitâ.

Le mot fruit est pris ici dans son vieux sens classique « ce qui a fructifié, porté ses fruits ». Le karma-yogi va donc pleinement s’établir dans le « faire », sans se laisser obnubiler par l’éventuel « avoir » qui peut en découler.

 

Motivation, champ d’action et transfert d’énergie

 

Mais une telle voie n’est-elle pas totalement « démotivante », puisqu’elle détourne du désir dont on sait qu’il est à la base de tous les actes ? Non car véritable transfert d’énergie du futur vers l’instant présent, cette attitude va engendrer une extraordinaire compétence.

Le yoga est  bien-être dans l’action. Intuition fondamentale qui projette l’homme au-delà des dualités mutilantes. Si l’on prend en compte la richesse sémantique du mot sanskrit « Kaushala » - à la fois bien-être, confort, prospérité, habileté, adresse, dextérité – on aura une idée de ce que peut devenir l’action comme support de méditation.

Le karma-yogi sait dans quelle direction œuvrer, mais une fois fixée cette direction, toute son attention, tout son art se reporte intégralement sur ce qu’il a à accomplir, là où il se trouve. En somme, il lâche prise, retrouvant ainsi l’attitude fondamentale du yoga : « Ishvara pranidhâna », rendre au divin – que Patanjali décrit à deux reprises dans les Yoga-Sûtra.

Ce qu’il nous est donné de vivre est le véritable « champ » (kshetra) de notre action et doit être accueilli avec le plus grand respect, même s’il nous semble que le champ du voisin est bien plus passionnant que le nôtre. « Il vaut mieux suivre sa propre loi (svadharma), même imparfaite, que la loi d’autrui même bien suivie », prescrit par deux fois Krishna.

C’est en agissant dans cet esprit que le karma-yogi se libère progressivement des entraves de l’action et chemine vers sa propre libération. Liberté de plus en plus ouverte et chemin de plus en plus paradoxal. Le premier lien à céder est l’attachement : « Content de ce qui lui échoit, exempt d’envie, libre des contraintes, égal devant le succès et l’échec, le sage n’est pas lié quand bien même il agit ». Puis c’est l’agir qui s’efface : « Indifférent au fruit de l’action, toujours satisfait, libre de toute attache, si affairé qu’il puisse paraître, en réalité il n’agit pas ». C’est enfin le karma lui-même, l’ensemble des actions, qui va disparaître à son tour : « Quand un homme est libéré, délivré de tout attachement, le mental, le cœur et l’esprit fermement fondés sur la connaissance de soi, faisant les œuvres comme sacrifice, toute son activité se dissout ». Telle est la grandiose vision de la Bhagavad-Gîtâ qui fait du Karma-Yoga une clé délivrant l’homme du poids de son karma, c’est-à-dire de son destin.

 

La mise en pratique du karma-yoga

 

Le mot karma est construit sur la racine-verbe KRI : faire, agir, œuvrer, racine qui se retrouve dans notre verbe « créer ». Karma a donc deux sens : 1) acte, action, œuvre ; 2) actions passées, ensemble des œuvres, destin. Bien qu’il soit beaucoup plus connu, sous nos cieux, dans sa seconde acception (avoir un karma difficile…), c’est au premier sens que fait référence le Karma-Yoga, yoga de l’action.

Pour persévérer dans l’être, il nous faut avoir un minimum de confort. Cet avoir, dans l’immense majorité des cas, il va falloir l’acquérir, c’est-à-dire agir pour l’obtenir. L’action, le faire, constituent donc bien le « drame » de l’existence, dans son double sens étymologique grec : action de la pièce que nous jouons tous et enchaînement dramatique des actes.

Nos actions, notre façon de faire, ne sont pas neutres. Plus « faire » se rapproche « d’avoir », plus il va se colorer des caractéristiques de l’avoir : avidité, possessivité, crainte de la perte – en un mot attachement. Inversement, plus « faire » se rapproche « d’être », plus il se colore des caractéristiques de l’être : connaissance, équanimité, joie ; en un mot : détachement.

Le Karma-Yoga peut se définir comme une pratique tendant à déplacer le faire entre ces deux pôles (être et avoir), pour le rendre un peu plus libre des valeurs d’avoir et le rendre le plus proche possible des valeurs de l’être. Chez le karma-yogi avancé, le faire devient témoignage permanent de l’être. C’est, dit le Zen, « un faire qui est un ne-pas-faire ».

« Le Karma-Yoga fait de l’acte une science ; il nous enseigne à utiliser au mieux toutes les forces qui agissent dans cet univers », disait Swâmi Vivekânanda. Précieuse remarque qui nous dépeint le yogi à la façon d’un « surfer » chevauchant les vagues ou d’un barreur jouant avec le vent et décuplant ainsi ses propres forces.

Science de l’action, de la création et des interactions, le Karma-Yoga est une voie du juste milieu : « En vérité, déclare Krishna, ce yoga n’est pas pour celui qui abandonne sommeil et nourriture. Le yoga détruit toute peine en celui qui accueille sommeil et veille, nourriture, jeu et effort dans l’action, en qui tout est yukta (joint) ». C’est donc en se reliant pleinement à tout ce qui se présente à lui que le yogi de l’action, peu à peu, se délie.

Swâmi Brahmânanda, un autre disciple de Ramakrishna, nous dévoile ce qu’il nomme « le secret du Karma-Yoga » : « Que ce soit séculier ou sacré, rien de grand ne peut être fait avec un esprit troublé. Que ce soit une grande entreprise ou une modeste tâche, elle doit être faite avec le plus grand soin et la plus grande attention. Si vous désirez travailler comme il faut, vous devez ne pas perdre de vue deux grands principes : en premier lieu, un profond respect pour le travail entrepris ; en second lieu, une indifférence complète à ses fruits ».

« Age quod agis » : c’est dans l’acte pleinement accompli que l’on touche à la plénitude. Des qualités que nous retrouvons spontanément sur le tapis de yoga. L’attention, la détente, la patience sont à la base même de la pratique des postures et de la respiration consciente.

 

Une précieuse voie pour notre temps

 

Pour le karma-yogi, l’action, présente d’instant en instant, est un champ d’exploration illimité où le moindre geste devient porteur d’une révélation, dès lors qu’il est accompli en pleine  conscience et sans supputer ses conséquences bénéfiques. « Le travail fait comme sâdhanâ (discipline intérieure) est un moyen puissant », écrivait Srî Aurobindo, autre grand karma-yogi. Peu importe la nature de l’action puisque c’est avant tout la manière de l’accomplir qui compte. Chaque acte de la vie peut devenir un moment d’offrande et leur succession une session rituelle ininterrompue. Dans cette optique, la terrible dualité succès-échec peut commencer à perdre de son acuité pour se fondre progressivement dans une plus haute et plus juste vision du « jeu » de l’éternelle alternance. La pratique du Karma-Yoga a aussi ses pièges et ses impasses qu’il importe de connaître. Le premier va découler de la « puissance d’action » que le karma-yogi voit se développer en lui et qui peut le pousser à « en faire trop ». D’autant plus que l’idéologie régnante l’encourage dans ce penchant. « Trop de travail, note Srî Aurobindo, altère la qualité du travail, quel que soit l’entrain de celui qui l’exécute ». Contrepoison indispensable : ne jamais perdre le contact avec la pratique corporelle qui apprend à sentir ses limites et à mieux gérer ses énergies.  Second risque : se confondre avec l’action entreprise, sous prétexte qu’elle est le champ de notre « svadharma », en oubliant à nouveau la notion de témoin (drashtâ), si essentielle en yoga que Patanjali la cite dès le troisième aphorisme des Yoga-Sûtra. Le lâcher prise est l’antidote : « Tout attachement à une œuvre, quelle qu’elle soit, enlève la liberté d’être à la disposition de Dieu dans le moment présent, libre et nouveau dans le moment présent » (Maître Eckhart)

Le karma yoga est véritablement la trame nourricière de notre expérience, au sein de laquelle, peu à peu, se dégage et s’affine le sens de toutes choses ; le yoga de la grande relation, où chaque instant devenant signifiant, plus rien n’est insignifiant.

 

Extrait SY n° 91 Janvier 2009 rubrique Tradition
Par François ROUX

 

Source texte : http://www.annuaireduyoga.com/article/view/VmcGMQA0ADFWYQUxBWVXMg==

Source image : http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/210445

 


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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 16:21

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Un conte qui nous fait comprendre l'importance de nos choix... Notre vie passe comme l'éclair à nous  d'en prendre conscience car nous ne pouvons pas tout faire. Et cela est très bien ainsi je crois. Car si notre existaence était infini, ne remetterions nous pas toujours à plus tard sans jamais voir ce qui est essentiel à nos vies. Mais il n'est pas seulement question de cela. Je n'en dis pas plus. Bonne lecture !

 

Un jour, un vieux professeur de l’École Nationale d’Administration Publique (ENAP) fut engagé pour donner une formation sur la planification efficace de son temps à un groupe d’une quinzaine de dirigeants de grosses compagnies nord-américaines.
Ce cours constituait l’un des 5 ateliers de leur journée de formation. Le vieux prof n’avait donc qu’une heure pour "faire passer sa matière ".
Debout, devant ce groupe d’élite (qui était prêt à noter tout ce que l’expert allait lui enseigner), le vieux prof les regarda un par un, lentement, puis leur dit :  


"Nous allons réaliser une expérience".


De dessous la table qui le séparait de ses élèves, le vieux prof sortit un immense pot de verre de plus de 4 litres qu’il posa délicatement en face de lui.
Ensuite, il sortit environ une douzaine de cailloux a peu près gros comme des balles de tennis et les plaça délicatement, un par un, dans le grand pot. Lorsque le pot fut rempli jusqu’au bord et qu’il fut impossible d’y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda :

 

"Est-ce que ce pot est plein ?".


Tous répondirent : "Oui".


Il attendit quelques secondes et ajouta : "Vraiment ?".
Alors, il se pencha de nouveau et sortit de sous la table un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier s’infiltrèrent entre les cailloux... jusqu’au fond du pot.
Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et réitéra sa question :

 

"Est-ce que ce pot est plein ?".


Cette fois, ses brillants élèves commençaient à comprendre son manège. L’un d’eux répondît : "Probablement pas !".


"Bien !" répondît le vieux prof.


Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table un sac de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir les espaces entre les gros cailloux et le gravier.


Encore une fois, il redemanda : "Est-ce que ce pot est plein ?".


Cette fois, sans hésiter et en choeur, les brillants élèves répondirent : "Non !".
"Bien !" répondît le vieux prof.


Et comme s’y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet d’eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu’a ras bord.


Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda :

 

"Quelle grande vérité nous démontre cette expérience ? "


Pas fou, le plus audacieux des élèves, songeant au sujet de ce cours, répondît :

 

"Cela démontre que même lorsque l’on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire " .


"Non" répondît le vieux prof. "Ce n’est pas cela.

 

La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante : "Si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous, ensuite".


Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l’évidence de ces propos.


Le vieux prof leur dit alors : 

 

"Quels sont les gros cailloux dans votre vie ? Votre santé ? Votre famille ? Vos ami(e)s ? Réaliser vos rêves ? Faire ce que vous aimez ? Apprendre ? Défendre une cause ? Vous relaxer ? Prendre le temps... ? Ou... tout autre chose ?
Ce qu’il faut retenir, c’est l’importance de mettre ses GROS CAILLOUX en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir... sa vie. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n’aura plus suffisamment de temps précieux à consacrer aux éléments importants de sa vie.


Alors, n’oubliez pas de vous poser à vous-même la question : "Quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie ?" Ensuite, mettez-les en premier dans votre pot (vie)".


D’un geste amical de la main, le vieux professeur salua son auditoire et quitta lentement la salle.

 

Source texte : http://www.lhibiscus.fr/Le-vieux-professeur-et-les.html

Source image : http://altohumano.org/wp-content/uploads/2009/10/bocal_pierres-150x150.jpg

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Au cœur d’un hiver, il arrive parfois qu’on oublie la Vie alors qu’elle fourmille loin des regards, en silence et en secret, dans la pudeur de Son Mystère…
Et puis, l’humain amène la couleur de son visage, comme un printemps, chaque couleur étant nouvelle…
Et la désolation se transforme en acclamation !
Berceau nouveau d’un avenir meilleur, paix espérée pour la Terre entière…
La Nature, dans sa louange silencieuse, déployant ses accents au fil des saisons…
Réapprend à l’Homme… l’Amour !
Il suffit parfois d’un seul arbre, au tronc solide et aux racines profondes, aux branches qui acclament le Ciel et embrassent la Terre comme des bras qui s’ouvrent pour accueillir l’autre…
Il suffit parfois d’un seul arbre pour réapprendre à aimer la forêt…

Michèlle, le 26 septembre 2011

 

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Source  :  http://www.hommesdeparole.org [Phrase de la semaine]

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