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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 21:41

zhuangzi-copie-1.jpgAlors que Zhuangzi(1) était en train de pêcher dans la Pu, deux émissaires, grands dignitaires du roi de Chu, vinrent le trouver. Ils lui dirent :

" "[Notre maître] désirerait vous confier la charge de l'intérieur de nos frontières."

"Zhuangzi, tenant toujours sa gaule et sans même se retourner, leur demanda :

" "J'ai ouï dire qu'à Chu une tortue sacrée, morte il y'a trois mille ans, était conservée par le roi dans un coffret, enveloppée dans un linge, au sommet de son temple des ancêtres(2). Cette tortue préférerait-elle être morte en ayant abandonné ses ossements ou être vivante en laissant traîner sa queue dans la boue ?"

"Les deux grands dignitaires répondirent :

" "Elle préférerait être vivante et laisser traîner sa queue dans la boue !"

"Fiche-moi le camp ! dit Zhuangzi. Je préfère aussi laisser traîner ma queue dans la boue !"

Zhuangzi, XVII, trad. de Rémi Mathieu

 

(1) Tchouang-tseu (2) Les carapaces de tortue étaient utilisées pour la divination, surtout lors des offrandes sacrificielles.

 

 

 

----------------

 

Source texte :  Lao-Tseu. - Le Point (Hors-Série), juillet-août 2011, n°9. - Paris : Société d'exploitation de l'hebdomadaire Le Point - Sebdo. - 114p. ISSN : 0242-6005

Source vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=PIFZdZWcxWQ&feature=related

Source image : Zhuangzi rêvant d'un papillon, par Ike no Taiga (1723-1776) Adresse URL :  http://www.chine-informations.com/forum/zhuang-zi_19723.html

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 12:09

Le professeur disait qu'il était à soixante-dix pour cent confucéen et à trente taoïste ! Le concept de "ren", que l'on pourrait traduire comme humanisme, tendresse ou amour, est à la fois au coeur de l'enseignement  de Confucius et du professeur Cheng*.

Un jour, quelques uns d'entre nous se trouvaient rassemblés devant la facade de l'association de Tai Chi de Canal Street. Le professeur se préparait à quitter l'école. Il avait déjà enfilé son manteau et il avait entamé une discussion politique avec des élèves, ce qui était en soi une chose assez exceptionnelle !

 

[...]

 

Très peu de ceux parmi nous qui participèrent ce jour là à la "discussion politique" étaient sensibles à son idée du Communisme. Nous défendîmes avec insouciance la position à la mode de l'époque, pro-gauchiste et contre la guerre du Vietnam. Lui seul s'y opposa. Etant un des plus expérimenté du groupe et possédant une experience de la politique pacifiste, je m'émerveillais de son enthousiasme, de la clarté de son esprit  et de l'affection qu'il nous témoignait. J'avais à l'époque participé à des centaines de "discussions" similaires, toujours centrées sur la défensive et l'agressivité. Comme si le fait de voir son argument battu en brèche signifiait un dénigrement de ses positions ou de soi-même ou comme si le résultat de la guerre dépendait de la manière dont chaque côté allait s'y prendre pour écraser l'autre dans la "discussion" !

Mais cette fois-ci, il en allait autrement. Tout en souriant, sans une trace d'agressivité ou de défensive, il présenta son argument, nous écouta à son tour et s'en alla en disant : "Il faut que vous appreniez à vous aimer"...

Comme c'est étrange, pensais-je. Voilà la guerre du Vietnam qui fait rage et ce vieil anticommuniste patenté s'adresse à un aréopage de hippies gauchistes en leur disant : "Apprenez à vous aimer" ?

 

[...]

 

Une des autres questions qui me furent posées avait trait à la façon dont le professeur analysait les courants politiques de la fin des années soixante et du début des années soixante-dix. Je me rappelai la "discussion" que nous avions eue dans son bureau et l'affection qu'il nous avait témoignée. Cela me ramenait également à ce qu'un vieux camarade politique m'avait dit de nombreuses années auparavant, après être revenu d'une visite au Vietnam durant la guerre :

"Ce qui est très intéressant", disait-il, "C'est que malgré le fait que nous américains nous les tuons ou que nous leur envoyons des bombes, les Vietnamiens ne haïssent pas les Américains ! Ils sont déterminés à combattre le gouvernement qui leur a envoyé des soldats mais ils ne haïssent pas le peuple américain. Ils sont vraiment beaucoup plus pacifistes que nous", dit-il , en faisant allusion à ceux qui étaient opposés à la guerre...

 Et il est vrai que malgré que nous nous soyions opposés à la guerre - pour beaucoup d'entre nous c'était opposés à la guerre - il n'y avait que très peu de paix dans nos coeur ! Nous détestions le président et son gouvernement, nous haïssions le complexe militaro-industriel et la grande "majorité silencieuse" des Américains qui soutenait ou ne faisait rien contre ce génocide. Et bien entendu, nous détestions la police !

 Mais le pire dans la haine, c'est l'effet qu'elle a sur celui qui en éprouve le sentiment. Généralement, les émotions reflètent la part la plus sensible de l'individu. Nous pensions probablement que nous n'en faisions pas assez pour arrêter la guerre. Nous avions "renoncé" mais nous ne nous étions jamais engagés réellement. Nous étions des opposants qui ne s'affirmaient pas. Nous étions en colère et dans son for intérieur, la colère et l'armure qu'une personne craintive revêt pour se protéger de la crainte qu'elle éprouve d'elle-même.

Combien parmi nous, à gauche, étaient prêts à voir détruites leur vie parce qu'ils tentaient désespérément de fermer les yeux sur le sentiment de culpabilité qui les habitaient ? Il était devenu difficile pour nous d'aimer la vie, et à fortiori une autre personne, incapables comme nous l'étions de nous aimer nous-mêmes !

 

* Voir "La forme Yang du professeur Cheng Man-ch'ing" en cliquant  ici , pour en savoir plus sur ce grand maître du Taiji.

 

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Source texte : Extrait de LOWENTHAL Wolfe. - Le Tao du Professeur Cheng : la porte du miracle . - Paris : Ed. Guy Trédaniel Editeur. - P. 73-77. ISBN : 2-85707-911-7  

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 21:39

Vous pouvez écouter cette Interview durant un mois après ça diffusion sur le site de France Culture à l'adresse suivante : http://www.franceculture.com/emission-for-interieur-daniel-giraud-2010-09-17.html

 

"Poète libertaire, traducteur du chinois, autodidacte, astrologue, musicien de blues (guitare et harmonica), Daniel Giraud est né à Marseille et vit aujourd'hui dans les Pyrénées. "Au" monde et non "du" monde, il voyage à l'intérieur comme à l'extérieur (pricipalement en Orient), écrit plus par nécessité que par volonté professionnelle et tente d'approcher ce qui ne se laisse pas approcher. "

 

Interview Daniel Giraud-copie-1

 

Source texte et image : http://www.franceculture.com/emission-for-interieur-daniel-giraud-2010-09-17.html

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 18:18

Un lien vers une série de vidéos consacrées à  l'Histoire intelectuelle de la Chine selon Anne Cheng. Cliquez ci-dessous.

http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/his_int/lecon_inuagurale_du_12_decembr.jsp

 

Sur le lien suivant une série de conférence ayant pour thème Confucius toujours sur le site du Collège de France.

http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/his_int/cours_du_4_fevrier_2009_confuc.jsp

 

Anne Cheng

 

 

Source image : http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/his_int/cours_du_4_fevrier_2009_confuc.jsp

 

 

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 17:09

J'ai tenu à remettre ce texte en forme pour en alléger la lecture mais vous pouvez toujours le trouver dans sa version originale en cliquant ici. 

 

"Parle seulement quand cela est nécessaire.

Pense à ce que tu vas dire avant d’ouvrir la bouche.


Sois bref et précis,

car chaque fois que tu laisses sortir des paroles de ta bouche,

tu laisses sortir en même temps une partie de ta vitalité.

Développe l’art de parler sans perdre d’énergie.

Ne fais jamais des promesses que tu ne peux tenir.


Ne te plains pas

et n’utilise pas dans ton vocabulaire des mots qui projettent des images négatives,

parce que cela produira à l’extérieur de toi

tout ce que tu as fabriqué avec l’intention qui a chargé tes mots.


Si tu n’as rien de vrai,

de nouveau et d’utile à dire,

il est préférable de rester silencieux et de ne rien dire.


Apprends à être comme un miroir,

écoute et reflète l’énergie.

L’Univers même est le meilleur exemple de miroir que la nature nous ait transmis, parce que l’Univers accepte sans condition nos pensées,

nos émotions,

nos paroles,

nos actions,

et nous envoie le reflet de notre propre énergie sous la forme des différentes circonstances qui se présentent dans notre vie.


Prends un moment de silence intérieur

pour considérer tout ce qui se présente,

et prends tes décisions ensuite,

tu développeras ainsi la confiance en toi-même et en la sagesse.


Évite de juger et de critiquer les autres.

Le Tao est impartial et sans jugement, ne critique pas,

il possède une compassion infinie et ne connaît pas la dualité.

Chaque fois que tu juges quelqu’un, la seule chose que tu fais est de te désunir, d’exprimer ton opinion personnelle.

C’est une perte d’énergie, seulement du bruit.


Laisse tout un chacun résoudre ses propres problèmes,

et concentre ton énergie en ta propre vie.

Occupe-toi de toi-même.

Ne te défends pas.

Lorsque tu essaies de te défendre,

tu donnes encore plus d’importance aux paroles des autres,

et encore plus de forces à leurs opinions.

Si tu acceptes de ne pas te défendre,

tu montres que les opinions des autres ne t’affectent pas,

que tu écoutes.

Que ce sont simplement des opinions

et que tu n’as pas à convaincre les autres pour être heureux.


Ton silence intérieur te ramène à la sérénité.

Fais régulièrement un jeûne de la parole pour continuer à éduquer l’égo.

Pratique l’art du non-parler.


Tu développeras progressivement l’art de parler sans parler,

et ta véritable nature intérieure remplacera ta personnalité artificielle,

laissant se manifester la lumière de ton cœur

et le pouvoir de la sagesse du silence.

Grâce à cette force,tu attireras à toi tout ce dont tu as besoin

pour te réaliser et te libérer.

Par conséquent, garde le silence.


Cultive ton propre pouvoir intérieur.


Respecte la vie des autres et de tout ce qui existe dans le monde.

N’essaie pas de forcer, de manipuler et de contrôler les autres.

Deviens ton propre maître

et laisse les autres être ce qu’ils sont, ou ce qu’ils ont la capacité d’être.


Installe-toi dans le silence et l’harmonie, et suis la vie sacrée du Tao."

 

  ------------

 

Source texte : http://www.buddhachannel.tv/portail/spip.php?article12008&lang=fr


Traduction directe du chinois vers l’espagnol par Guillermo Leyva, Professeur de Tai Chi Chuan , Qi Gong (Chi Kung) et de Méditation Taoïste. Traduction de l’espagnol vers le français par Sophie Alvarez pour www.buddhachannel.tv.


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Au cœur d’un hiver, il arrive parfois qu’on oublie la Vie alors qu’elle fourmille loin des regards, en silence et en secret, dans la pudeur de Son Mystère…
Et puis, l’humain amène la couleur de son visage, comme un printemps, chaque couleur étant nouvelle…
Et la désolation se transforme en acclamation !
Berceau nouveau d’un avenir meilleur, paix espérée pour la Terre entière…
La Nature, dans sa louange silencieuse, déployant ses accents au fil des saisons…
Réapprend à l’Homme… l’Amour !
Il suffit parfois d’un seul arbre, au tronc solide et aux racines profondes, aux branches qui acclament le Ciel et embrassent la Terre comme des bras qui s’ouvrent pour accueillir l’autre…
Il suffit parfois d’un seul arbre pour réapprendre à aimer la forêt…

Michèlle, le 26 septembre 2011

 

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Source  :  http://www.hommesdeparole.org [Phrase de la semaine]

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