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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 12:59

Sage non-dualiste de l’Inde contemporaine, Poonja, nommé Papaji par ses disciples, reçut, à Lucknow au nord de l’Inde où il passa les dernières années de sa vie, de très nombreux chercheurs de vérité. Sa rencontre avec Ramana Maharshi, présentée ici, détermina son éveil et sa façon directe d’enseigner.

 

 Poonja-copie-1.jpgJe m’assis devant lui et commençai à lui raconter mon histoire. « Pendant vingt-cinq ans, j’ai fait une sadhana qui consistait principalement à répéter le nom de Krishna. Ces derniers temps j’atteignais 50 000 répétitions par jours. Je lisais aussi beaucoup d’ouvrages sur la spiritualité. Puis Rama, Sita, Lakshmana et Hanuman me sont apparus. Après leur départ je n’ai plus été capable de reprendre ma pratique spirituelle. Je n’arrive plus à répéter le nom de Krishna. Je ne peux plus lire mes livres. Je ne peux plus méditer. Je ressens un grand calme au fond de moi, mais il ne me reste plus aucun désir de porter mon attention sur Dieu. En fait, je n’y arrive pas, quelles que soient mes tentatives. Mon mental refuse de s’immerger dans des pensées de Dieu.
Que m’est-il arrivé et que dois-je faire ? »

   

Le Maharshi me regarda et demanda : « Comment êtes-vous venu de Madras ? »

Je ne voyais pas l’intérêt de la question, mais je lui répondis poliment : « En train.»

– Et que s’est-il passé quand vous êtes arrivé en gare de Tiruvannamalai ?

– Eh bien, je suis descendu du train, j’ai remis mon billet et j’ai loué une charrette à bœufs pour me rendre à l’ashram.

– Puis vous êtes arrivé à l’ashram et vous avez payé le chauffeur ; qu’est-il advenu de la charrette ?

– Elle a dû repartir en ville, je suppose, dis-je, encre incertain du but vers lequel tendait cet interrogatoire.

 

Le Maharshi expliqua alors ce à quoi il voulait en venir.

« Le train vous a amené à votre destination. Vous en êtes descendu parce que vous n’en aviez plus besoin. Il vous avait amené à l’endroit où vous désiriez vous rendre. Il en est de même pour la charrette. Vous en êtes descendu après être arrivé à Ramanasramam. Vous n’aviez plus besoin ni du train ni de la charrette. Ils ont été des moyens pour venir ici. Maintenant que vous êtes arrivé, ils ne vous sont plus d’aucune utilité. C’est ce qui s’est passé avec votre sadhana. Votre japa [répétition de noms divins], vos lectures et vos méditations vous ont amené à votre destination spirituelle. Vous n’en avez plus besoin. Ce n’est pas vous qui avez abandonné vos pratiques, ce sont-elles qui vous ont quitté d’elles-mêmes, parce qu’elles ont rempli leur fonction. Vous êtes arrivé. »


Puis il me fixa attentivement. J’avais la sensation que mon corps et mon mental étaient entièrement lavés par des vagues de pureté. Son regard silencieux les purifiait. Je sentais qu’il regardait intensément dans mon Cœur. Sous ce regard envoûtant, chaque atome de mon corps était purifié. C’était comme si un nouveau corps était créé pour moi. Un processus de transformation prenait place, l’ancien corps mourait, atome par atome et un nouveau corps était créé à sa place. Puis, tout à coup, je compris. Je compris que cet homme qui m’avait parlé était, en fait, ce que j’étais déjà moi-même, ce que j’avais toujours été. Il y eut soudain un instant de reconnaissance et je devins présent au Soi. J’utilise délibérément le mot “reconnaissance”, car dès que l’expérience me fut révélée, je sus, sans erreur possible, que c’était le même état de paix et de bonheur que celui dans lequel j’avais été plongé à l’âge de huit ans, à Lahore, au moment où j’avais refusé de prendre la boisson à la mangue. Le regard silencieux du Maharshi rétablissait en moi cet état primordial, mais de façon permanente cette fois. Le “je”, qui avait si longtemps recherché un dieu extérieur, parce qu’il voulait retourner à cet état originel d’enfance, périssait dans la connaissance et le vécu direct du Soi que me révélait le Maharshi. Je ne peux pas décrire précisément ce qu’était ou ce qu’est ce vécu et les livres ont raison de dire qu’il ne peut pas être exprimé en mots. Je ne peux parler que des choses périphériques. Je peux dire que chaque cellule, chaque atome de mon corps s’éveillèrent à l’attention tandis qu’ils reconnaissaient et vivaient tous le Soi qui les animait et les portait, mais il m’est impossible de décrire l’expérience en elle-même. Je savais que ma recherche spirituelle était terminée pour de bon, cependant la source de cette connaissance restera toujours ineffable.

 

[…]


Avec le recul, je comprenais enfin que la question “Qui suis-je ?” était l’unique question que j’aurais dû me poser bien des années auparavant. J’avais vécu une expérience directe du Soi à l’âge de huit ans, puis j’avais passé le reste de ma vie à essayer de la retrouver.

 

H.W.L. Poonja, A la Source de l’Être, Entretiens avec H.W.L. Poonja, InnerQuest, 2001, pp. 60-63.

 

Source texte et image : http://www.revue3emillenaire.com/lire/lire.php?pid=503&art_ident=450

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Published by Les chemins de la sagesse - dans Râmana Maharshi - Papajï
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JérÔMe 17/04/2012 00:01

Magnifique page. Oui, on cherche toute une vie ce qui est déjà là...et soudain Je se révèle totalité, l'autre, je, un seul...et ce monde mon rêve, ma création parfaite...et on revient à un moment
de son enfance où soudain, on avait senti qu'on était rien de tout cela, rien, vraiment rien, c'est à dire Tout.

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Il suffit parfois d’un seul arbre, au tronc solide et aux racines profondes, aux branches qui acclament le Ciel et embrassent la Terre comme des bras qui s’ouvrent pour accueillir l’autre…
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Michèlle, le 26 septembre 2011

 

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Source  :  http://www.hommesdeparole.org [Phrase de la semaine]

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