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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 16:35

 

swami tejomayananda

 

J’ai lu un jour cette citation : “Si vous refaites chaque jour ce que vous avez toujours fait, vous obtiendrez toujours ce que vous avez déjà obtenu”.
Un homme ouvrait quotidiennement, à son bureau, son panier-repas et maugréait en y voyant le même sandwich chaque jour. Un ami lui suggéra une fois de dire à sa femme qu’elle pourrait lui préparer autre chose. Il répondit : “C’est moi qui prépare le panier-repas tous les jours !”
La plupart d’entre-nous agissent ainsi. Nous vivons nos vies de la même façon chaque jour et nous plaignons que rien n’a changé et que les choses ne s’améliorent pas. Nous continuons à entretenir agitations, ressentiments, chagrins et espérons avoir la paix et le bonheur ! Un homme qui était vraiment obèse se plaignait de ne pas arriver à perdre de poids. Mais il ne faisait aucun effort pour changer de régime ou faire du sport. En fait, le seul exercice qu’il pratiquait était de monter sur la balance et d’en descendre chaque jour. Comment un changement pourrait-il se produire si nous ne changeons pas notre façon de vivre ?


Changer la vie quotidienne


Si nous voulons vraiment changer nos vies, nous devons faire quelque chose pour y parvenir. Nous ne vivons pas notre vie par années ou par mois. Nous ne vivons qu’un seul jour à la fois. Nous pouvons faire des projets pour une année ou même une vie entière, mais nous ne pouvons vivre qu’un jour à la fois. C’est notre vie quotidienne qui doit être transformée si nous voulons changer nos vies. En fait, nous ne vivons qu’un instant à la fois. C’est pourquoi nos souvenirs se composent de moments de notre vie -instants de douleur ou de joie extrême, ou moments qui transforment la vie. Si nous perdons l‘un de ces instants précieux, il ne revient pas. Une occasion ne se présente pas deux fois. Si vous voulons changer nos vies, nous devons commencer par transformer ce jour, cet instant.
Dans le Shrîmad Bhagavatam (1) se trouve un beau verset qui dit comment améliorer nos vies :
“Les Veda (2), l’eau, les gens, le lieu, le temps, les actions, la naissance, la méditation, le mantra (3) et le samskâra (4) sont les dix facteurs qui déterminent notre personnalité.”
Dix facteurs sont donnés ici.
J’en expliquerai simplement les significations pouvant être aisément mises en pratique dans nos vies. Dans le contexte du Bhagavatam, ils ont un sens beaucoup plus profond.


Les Ecritures (Agama ou Veda)


C’est le premier facteur. Dans le contexte qui nous intéresse, on peut l’appeler la littérature. Le genre de livres que nous lisons et le genre de programmes
que nous regardons à la télévision, vont déterminer la structure de nos vies. Dans la génération des anciens, nous connaissons des gens qui ne pouvaient ni lire ni écrire, mais connaissaient par cœur les versets du Râmâyana (5). Ils mettaient en pratique la sagesse que recèlent ces versets dans leur vie quotidienne. Quant ils étaient confrontés à l’adversité, il considéraient que cela résultait de leurs actions antérieures et essayaient de corriger leurs propres erreurs. Ils ne sombraient pas dans la dépression et ne se précipitaient pas chez un psychiatre. Ce n’étaient pas des gens instruits, mais ils étaient allés à des satsang (6) et avaient appris de bonnes choses. Les Veda nous disent : “Puissent de bonnes pensées nous viennent de tous les côtés”. Ce que nous lisons ou entendons a un effet majeur sur notre mental. Si vous lisez des potins dans des magazines, ou des livres qui encouragent à vivre de façon matérialiste et sensuelle, si vous regardez des films illustrant la violence et le crime, cela aura véritablement un effet nocif et laissera des impressions toxiques sur votre mental. Nous devons veiller à ce que nos yeux et nos oreilles reçoivent de bonnes choses.


L’eau (apah)


Que buvons-nous ?. Certains boivent de l’eau minérale,
d’autres des boissons non alcoolisées ; il en est qui boivent de la bière pour étancher leur soif. Ce que nous mangeons et buvons a un effet manifeste sur notre corps et notre mental. Nous devons réguler notre consommation très soigneusement. Nous le savons tous, mais ne le mettons pas en pratique.
Nous devons nous rappeler régulièrement ces choses fondamentales, que nous oublions très facilement. Nous oublions aisément... Un patient dit un jour à un médecin en consultation : “Docteur, il y a deux choses qui ne vont pas : d’abord, j’oublie tout, je n’arrive pas à me rappeler quoi que ce soit.” Le médecin demande : “Et quelle est la deuxième chose ?”. Le patient interloqué demande : “De quelle seconde chose parlez-vous ?”…


Les gens (prajâ)


Nous devons ensuite considérer quels sont les gens qui nous entourent. On dit que nos fréquentations révèlent qui nous sommes. Notre famille, nos amis et nos collègues exercent une grande influence sur nous. Si nous fréquentons des joueurs, des gourmands ou des êtres matérialistes, nous deviendrons comme eux. Le mouvement pour l’indépendance de l’Inde a fait surgir de grands leaders, et sous leur influence et leur inspiration, la ferveur patriotique s’est largement développée. De même, la compagnie des saints et des sages nous fait grandir. Même dans les affaires de ce monde, par exemple la location d’une maison, nous essayons de choisir un bon environnement et évitons un voisinage bruyant ou sale. Ne devrions-nous pas faire particulièrement attention aux amis que nous choisissons ?
Les saints et les sages ont ceci de particulier : en leur compagnie, même les gens qui ont de mauvaises tendances deviennent bons ; et aussi les êtres saints ne perdent jamais leurs qualités positives, même s’il leur arrive d’être en relation avec des éléments négatifs. Tant que nous ne serons pas inébranlables comme eux, que nos qualités positives ne seront pas bien ancrées en nous, nous devons faire attention à nos fréquentations.


Le lieu (deshah)


Vous êtes tous venus dans cet ashram (7). Si vous vous rencontrez dans un hôtel, l’atmosphère sera différente. Chaque lieu a son ambiance propre, unique : une gare ferroviaire, un hôpital ou une salle de cinéma, invoquent en nous des choses différentes. Nous avons la liberté de choisir les lieux où nous allons. Nous devons prendre soin de choisir des lieux favorables aux qualités que nous voulons développer.


Le temps (kâlah)


Le temps est un facteur très important dans nos vies. En général, les gens ne semblent pas connaître l’art de gérer le temps. La façon dont nous utilisons notre temps peut transformer nos vies. La plupart d’entre nous passe son temps à essayer de rattraper son retard en accomplissant ce qui aurait dû être fait hier ! Le secret, c’est de commencer tôt. L’aube, brahma muhûrta (8), est très propice.
Plus tard dans la journée, nous nous livrons à des activités multiples ; c’est le temps de rajo guna (9). Le soir, nous nous sentons fatigués et tamo guna (9) prédomine. La nuit est faite pour le repos paisible, mais nous réagissons en fonction de nos samskâra (tendances). Le temps du matin peut être consacré à la méditation, aux exercices et à l’étude.
De nos jours, la façon de vivre en vogue est de s’engager dans des activités trépidantes la nuit et de se lever bien après onze heures. En fait, les gens en sont fiers. Quelqu’un a dit qu’il était un adorateur du soleil et qu’il avait l’habitude de se lever dès que les rayons du soleil touchaient son visage: la fenêtre de sa chambre était orientée à l’ouest !


Les actions (karma)


Le genre d’actions que nous accomplissons, va en fin de compte façonner nos vies. Même les animaux et les oiseaux travaillent pour apaiser leur faim. Le fait de travailler pour soi n’a rien de remarquable. Les êtres humains ont une autre qualité particulière : la capacité de travailler au servir des autres. Ils peuvent consacrer leur vie aux plantes et à l’environnement, aux animaux en danger. Sans l’homme, le règne végétal peut être prospère, mais l’homme ne peut survivre sans les végétaux. Et pourtant nous continuons à les détruire systématiquement. Si nous avons à couper un arbre, nous devrions en planter dix autres. Nous ne pouvons vivre sans eau, mais nous la gaspillons sans discernement. Un peu de réflexion peut changer nos vies. Nous pouvons faire le peu qui est en notre pouvoir pour aider les autres êtres humains. Si nous dépassons notre ego et nos motifs égoïstes et travaillons pour le bien du monde, pour un idéal plus élevé, nos vies seront transformées.


La naissance (janma)


Janma - notre naissance - ne dépend pas de nous, disons-nous. En fait, elle résulte de nos actions au cours de vies précédentes. Maintenant que nous sommes né en tant qu’être humain, nous devrions nous améliorer. A chaque instant, nous naissons à nouveau. Quand nous nous mettons en colère, un être coléreux est né. Quand nous sommes en paix, c’est un être paisible qui voit le jour. Quand nous nous sentons plein d’amour, un être aimant apparaît. Avec chaque pensée - de jalousie, d’avidité, de haine- un nouvel être naît. Si nous gardons cela en mémoire, nous ferons attention à la qualité de nos pensées. Chaque émotion peut être divinisée. Si vous devez vous mettre en colère, dit-on, que ce soit comme Lakshmana (10), dont la colère montait chaque fois que Râma était insulté. Ce n’est pas la peine de vous mettre en colère pour des motifs égoïstes, insignifiants.


La méditation (dhyâna)


Quand le mot dhyâna est utilisé, nous pensons généralement à la méditation. Mais ce mot indique aussi l’orientation de nos pensées, nos préoccupations, qui déterminent notre personnalité.
Des pensées orientées continuellement et régulièrement dans une direction donnée, façonneront notre vie. On devient médecin, ingénieur, leader politique ou artiste, parce que l’on maintenait ce but dans l’esprit. Si nous voulons améliorer la qualité de nos vies, nous devrions avoir un idéal plus élevé et travailler à l’atteindre. Il nous faut apprendre à choisir des valeurs au lieu d’objets de valeur, à maintenir fermement et courageusement nos principes. Si nous nous abaissons à faire des compromis, nous continuerons à tomber de plus en plus bas. Si vous ne vous tenez pas à quelque chose, n’importe quoi vous fera chuter. Nous devrions toujours nous souvenir de notre idéal, alors même que nous nous livrons à nos activités quotidiennes.


Le mot-symbole (mantra)


Le mantra, ce n’est pas seulement “Om Namah Shivâya“ que nous chantons. C’est aussi notre slogan, notre devise dans la vie. Quand nous sommes confrontés à des situations difficiles ou à une crise, cette devise, à elle seule, peut nous aider. Avec une conviction inébranlable, Lokamanya Tilak (11) a dit : “L’indépendance est mon droit absolu. Libérez l’Inde” : ce slogan a eu le pouvoir de motiver des milliers de gens. Swami Vivekananda disait “ Eveillez-vous, élevez-vous, ne cessez pas vos efforts tant que le but n’est pas atteint”. “Nous pouvons le faire, nous le devons”, disait notre Gurudev. La devise que nous choisissons nous garde inspirés.


Impressions, traces (samskâra)


J’ai lu un jour qu’il est facile de trouver des gens ayant une voiture (“a car” en anglais), mais qu’il est difficile d’en trouver sans “samskâr“ ! Les samskâra accumulées dans nos vies antérieures et les samskâra que nous avons développées dans notre vie présente font de nous ce que nous sommes. Les impressions et tendances dont nous avons hérité s’associent avec la culture, l’éducation et la formation que nous recevons dans cette vie pour façonner notre personnalité.
Ainsi, ces dix facteurs ont la capacité de changer nos vies. Si nous les gardons à l’esprit et régulons nos vies avec vigilance, nous pouvons nous changer et en accord avec nos aspirations.


NOTES


1- Shrîmad Bhagavatam : Un des Pûrana, attribué à Veda Vyâsa, qui est à la gloire du Seigneur Krishna, un des avatâr de Vishnu, et raconte tous les événements de sa vie.
2- Veda : Ecritures sacrées de l’Inde, fondées sur les expériences directes des sages.
3- Mantra : mot-symbole, phrase invoquant le Seigneur et exprimant Sa nature suprême.
4- Samskâra : impression, trace, influence laissée dans la matière subtile de l’esprit par une pensée, une action.
5- Râmâyana : épopée de l’Inde qui raconte la légende de Shrî Râma et exalte ses qualités.
6- Satsang : compagnie des sages, des saints, entretien spirituel.
7- Ashram : lieu où vit un sage.
8- Brahma muhûrta : période d’1h30 avant le lever du soleil.
9- guna : littéralement, “corde” ; les trois modalités ou composantes de la matière constituant aussi la substance des vâsanâa (impressions mentales, tendances profondes) de l’individu, et donc les tempéraments : tamas : principe d’obscurité, d’ignorance ; rajas : principe de passion, d’activité ; sattva : principe de luminosité, de connaissance.
10- Lakshmana : frère de Râma
11- Lokamaya Tilak : Bal Ganghadar Tilak était un leader populaire (lokmana veut dire “accepté par tous comme leader”) qui a été un réformateur social et un combattant pour l’indépendance de l’Inde.

 

Vous trouverez de nombreux autres articles, informations sur le Vedanta sur le site suivant http://www.chinmayafrance.fr/

 

Source texte : http://www.chinmayafrance.fr/07PUBLICATIONS/01LETTRE-CMF/articles-lettres/let33_dix_conseils.htm

Source image :http://saranaagathi.wordpress.com/saints-and-sages/of-modern-times/swami-tejomayananda/


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Published by Les chemins de la sagesse - dans Chinmaya Mission
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Au cœur d’un hiver, il arrive parfois qu’on oublie la Vie alors qu’elle fourmille loin des regards, en silence et en secret, dans la pudeur de Son Mystère…
Et puis, l’humain amène la couleur de son visage, comme un printemps, chaque couleur étant nouvelle…
Et la désolation se transforme en acclamation !
Berceau nouveau d’un avenir meilleur, paix espérée pour la Terre entière…
La Nature, dans sa louange silencieuse, déployant ses accents au fil des saisons…
Réapprend à l’Homme… l’Amour !
Il suffit parfois d’un seul arbre, au tronc solide et aux racines profondes, aux branches qui acclament le Ciel et embrassent la Terre comme des bras qui s’ouvrent pour accueillir l’autre…
Il suffit parfois d’un seul arbre pour réapprendre à aimer la forêt…

Michèlle, le 26 septembre 2011

 

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Source  :  http://www.hommesdeparole.org [Phrase de la semaine]

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