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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 18:20

"Pouvez-vous nous expliquer la différence entre concentration et méditation ? L'état de calme obtenu par la concentration n'est-il pas une illusion, un acte volitif, donc égotique, alors que la méditation - qui est réceptivité - ouvre à la totalité sans exclusion ? Y a-t-il opposition entre concentration et méditation ?

Ces deux termes ont dans beaucoup de textes et dans la conversation courante une valeur similaire. Mais Krishnamûrti fait une différence marquée entre les deux. L'un - la concentration - qu'il considère comme nocif parce qu'elle déforme le mental, I'autre - la méditation - qu'il recommande. Et c'est très probablement à cela que vous faites allusion dans vos questions. Par concentration, il entend le fait de fixer le mental sur un objet précis comme le recommandent la plupart des sages. Par exemple, se concentrer sur la lumière, un lotus rouge dans le cœur, I'image d'une déité, etc. Il est vrai que ces méthodes donnent un calme temporaire seulement et ne font pas face aux problèmes fondamentaux de la structure de notre mental et de sa manière de fonctionner. Ce sont des méthodes de dégrossissage. Un sculpteur (le guru en l'occurrence), quand il a en face de lui un bloc amorphe de pierre, ne va pas commencer d'emblée à sculpter les traits d'un visage. Il devra procéder à tout un travail de dégrossissage avant de pouvoir commencer à travailler sérieusement; L'idéal, bien sûr, c'est ce à quoi Krishnamûrti donne le nom de méditation. C'est une vue panoramique de notre esprit; le regarder comme il est dans sa totalité, sans intervenir, afin de bien connaître son fonctionnement. Le but final de toute discipline spirituelle est d'amener le mental au silence: « Le yoga, c'est l'extinction des vagues mentales », dit Patanjali dans les Yogasutras.

On peut arriver à ce résultat par ce que Krishnamûrti appelle la « méditation », c'est-à-dire la voie de la Connaissance (le vichâra mârga). Quand on connaît parfaitement le mental jusqu'à sa racine la plus intime qui est l'ego, le silence se fai égocentrique. L'ego étant dissous, le mental tel que nous le connaissons cesse de fonctionner. C'est ce qu'on nomme le manonâsha (la destruction du mental). Cette méthode est très difficile car elle demande une vigilance mentale constante et un esprit « sattvique ».Mais on peut aussi arriver à un silence mental temporaire (manolaya) par des méthodes presque toutes fondées sur la concentration. On concentre l'esprit sur un point précis (une image, un mantra, etc.) jusqu'à ce qu'il devienne l'unique vague mentale persistant dans le champ de conscience. Ceci est le dhâranâ. Dans l'étape suivante, cette concentration unique doit couler naturellement, sans effort (le dhyâna). Finalement, même cette vague mentale unique doit disparaître, et ce qui reste, c'est le Grand Silence (samâdhi). Ce silence est temporaire et le mental se remet à fonctionner quand le yogi sort de son samâdhi. Krishnamûrti rejette ces méthodes qu'il considère comme nocives, comme des sortes de béquilles mentales auxquelles on devient attaché comme à une drogue. Il est vrai que ce sont des béquilles, mais si l'on demande à un paralytique de marcher d'emblée sans béquilles, il y a de grands risques qu'après quelques vaines tentatives, il se résigne à rester dans son état. Pourquoi ne pas le laisser marcher avec des béquilles, qu'il pourra rejeter quand il aura gagné la confiance en lui-même ? Y a-t-il un danger qu'il s'habitue à ses béquilles et qu'il ne puisse plus jamais marcher normalement ? Peut-être ! Mais mieux vaut être un paralytique qui marche avec des béquilles qu'un paralytique qui ne marche pas du tout. C'est pourquoi les méthodes fondées sur la concentration sont recommandées par la plupart des grands sages. Une fois que l'esprit aura été aiguisé par une longue pratique de concentration, qu'il est purifié, il pourra se tourner vers la pratique de la méditation (dans le sens donné au mot par Krishnamûrti).De toute façon, les deux voies peuvent aller de pair. Quand on essaie de fixer l'attention sur un point (un mantra par exemple), l'esprit s'échappe dans d'autres directions. On peut alors (tout en continuant à répéter le montra), I'observer et apprendre à connaître sa nature. Il y a beaucoup de voies qui mènent vers le Suprême. Chacun doit pouvoir choisir celle qui convient le mieux à son tempérament et à ses capacités."

Extrait de VIJAYANANDA : Un français dans l'Himalaya


Source texte : Extrait de VIJAYANANDA. Un français dans l'Himalaya : itinéraire avec Ma Anandamayi. Chap. II Méditation [en ligne] (page consultée le 8 août 2010). Adresse URL : http://www.anandamayi.org/ashram/french/vij1.htm

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